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24/02/2020, Tarbes CultureInterview de Sam, Les Ogres de Barback

 

Les ogres, c’est maintenant 25 ans de carrière, un succès populaire qui ne se dément pas au fil du temps et des tournées, où chaque date affiche quasiment systématiquement complet. Pour autant, vous n’avez jamais bénéficié des canaux traditionnels de diffusion ou de promotion. Comment expliquez-vous ce phénomène peu ordinaire dans le monde de la musique actuel ?

Depuis le début c’est le bouche à oreille qui nous a fait connaître. Il est vrai qu’on n’a pas grillé les étapes, nous avons commencé dans les café-concerts, des petits théâtres et les tailles des salles ont grandi au fur et à mesure. Nous avons travaillé comme des artisans, qui peaufinent leur savoir avec le temps, on finit par s’améliorer. On n’a pas cherché à vendre des milliers tout de suite, on a appris le métier tout tranquillement ? C’est comme ça qu’on poursuit aujourd’hui notre parcours avec encore plein d’envies !

Vous qui vous revendiquez comme des artisans de la musique, quel regard portez-vous sur le streaming et ce flow impressionnant de nouvelles productions musicales qui déferle chaque semaine dans les playlists ?

On est un peu de l’ancienne école et on est un peu perdu par rapport à ça, on essaie malgré tout de s’y adapter mais on tient à faire encore pendant quelques années, des disques, des objets, parce que c’est ce qu’on sait faire : des albums avec un début, une fin, une histoire et une pochette. Ce qui nous dérange avec le streaming, c’est qu’on aime bien qu’on écoute notre album en entier. On peut écouter les chansons une à une évidemment mais chaque disque raconte une histoire. Nous commençons à être sur des plateformes, tout en sachant que les ventes de disques chutent d’année en année mais on espère pouvoir faire encore 2 ou 3 disques et pouvoir les vendre directement à la sortie de nos concerts, du producteur au consommateur !

Certains dénoncent aujourd’hui, une certaine uniformisation de la musique en France et par la même son appauvrissement. Vous êtes aux antipodes de cela depuis le début, vous vous nourrissez de la diversité, vous collaborez régulièrement avec d’autres artistes qu’ils soient français ou béninois comme sur votre dernier album. A l’heure où il n’est pas rare que les carrières se résument à un ou deux albums, comment voyez-vous le paysage musical français dans quelques années ?

Heureusement, en tournée on croise de jeunes artistes qui font nos premières parties et qui comme nous, lorsque nous avions 20 ans ont la même envie, de prendre des instruments et d’aller jouer un peu partout, exactement comme nous le faisions à nos débuts. Cette envie de jouer ensemble ne s’arrêtera jamais, peu importe le style. D’ailleurs, il y a beaucoup d’instruments anciens qui ressortent et l’accordéon est toujours à la mode !

Il y a quelques jours, se sont déroulées les 35è Victoires de la Musique. Vous ne figurez pas au palmarès. C’est important ?

Rires. Non, c’est quelque chose qui ne nous intéresse pas trop. Ce sont des gens qui votent entre eux pour des artistes à eux. Nous ne faisons pas partie de ce monde-là, on en est même très loin. Si un jour ils votent pour nous, on y réfléchira, mais ça n’arrivera jamais.

Le 27 février, vous vous produirez sur la scène de La Gespe à Tarbes, en terre pyrénéenne. Vous avez déjà fait 2 résidences dans les Hautes-Pyrénées, notamment en mars 2019, où vous avez préparé la tournée qui va s’achever dans un mois à l’Olympia. Qu’est-ce qui vous attire chez nous ? 

Nous nous sommes venus jouer plusieurs fois dans le département et nous avons à chaque fois, rencontré des associations et des personnes très sympas, motivés qui ne sont pas là pour l’argent, mais poussés par la passion et l’envie de vivre des choses ensemble. On se reconnaît vraiment dans ce genre de démarche. Nous présenterons la semaine prochaine effectivement, le spectacle que nous avons créé il y a un an et qui est bien rodé désormais.

Pour ma part, je connais bien Tarbes, j’y viens chaque année pour le festival de tango argentin. Je danse le tango mais surtout je fais les stages avec les orchestres, il y a de super musiciens d’un excellent niveau et j’y participe tous les ans. Je suis un fidèle de cet événement !