Les Façades Tarbaises

Selon la loi, chaque propriétaire est tenu d’entretenir et de ravaler sa façade tous les 10 ans (art. 132-1 du code de la construction). Il s’agit là d’une obligation coûteuse qui en fait reculer plus d’un tandis que d’autres, désireux de rénover leur façade, font preuve de maladresses pouvant altérer le charme du bâti tarbais. Le paysage urbain en subit les conséquences et c’est l’image de toute une ville qui en pâti. 

Entre mai 2001 et avril 2015, le Maire de Tarbes Gérard Trémège a mis en place l'Opération Façade permettant d'aider les propriétaires privés grâce à une subvention conséquente pouvant couvrir jusqu’à 40 % des travaux, plafonnée à 9.147 € et une assistance technique du service urbanisme.

L’Opération Façade s'étendait tout d'abord sur l’hyper centre de la ville, de la place Verdun au pont de la Marne. Puis a été élargi aux rues et avenues qui ont été réaménagées par la ville telles que l’Alsace Lorraine ou la rue Victor Hugo entre autres.

Une charte des couleurs définissait les nuances les plus appropriées, applicables aux façades, fenêtres et volets, portes d’entrées et cochères et correspondant aux matériaux employés dans les constructions tarbaises (pierres, briques, enduits, ardoises…).

Le but était de redonner à certains bâtiments leur qualité architecturale altérée par leur dégradation au fil du temps. L’Opération Façade a contribue durant ces 14 années à améliorer le cadre de vie et le paysage urbain tout en valorisant l’image de la ville dans son ensemble.

Ce projet a représenté plus de 260 dossiers, subventionnés pour un montant global de 905 000 euros qui ont occasionnés un chiffre d’affaires de 3.617.000 € chez les artisans locaux.

 

DES FACADES D'EXCEPTION

La Rue de la Gaieté

Impossible que vous ne l’ayez vue, surplombant la place de la Mairie, à l’orée de la Rue Brauhauban, la peinture murale en trompe-l’œil de Jean Reale et Joël Soulier. Le passant distrait ne la remarquera pas, « c’est le but ultime » avoue Jean Reale, l’auteur de ce trompe-l’œil, « on joue sur le réel et l’irréel, le vrai et le faux…»

Il est tellement réussi qu’il paraît vrai, parfaitement intégré à son environnement. Il faut dire que jean Reale a ce souci du réalisme qui est la marque des grands artistes. Un artiste qui n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a déjà réalisé le trompe-l’œil de la Salle des Fêtes, celui du Hall et celui de la Salle des Mariages de la Mairie de Tarbes.

Pour vous amuser, mettez-vous face à ce mur, dans l’axe de la rue Brauhauban. C’est de là que la perspective est calculée. Et essayez de savoir où est le vrai et le faux. Un indice : une seule fenêtre est vraie, mais laquelle ? Tout le reste est imaginaire.

« Nous avons essayé avec Joël Soulier, d’être le plus possible dans le réel, en dessinant cette peinture, en nous appuyant sur le bâtiment de La Poste et en copiant l’architecture tarbaise ». Les fenêtres, on l’a dit, semblent réelles. Dans l’une d’elles, on peut voir accroché au mur un portrait… mais de qui ?

« C’est un clin d’œil de remerciement. Vous le savez, dans l’art, il faut deux composantes essentielles : l’artiste et le mécène, celui qui croit en l’œuvre et la finance » précise Jean Reale. En enfin, regardez en haut sur la cheminée, les deux artistes se sont mis en scène en train de peindre.

Pour réaliser ce trompe-l’œil, il a fallu à Jean et Joël quatre mois et demi de labeur. Mais a également fallu près de deux mois de dessin en amont. Un tracé très détaillé, à la fois industriel et architectural.

Une fresque monumentale qui orne le cours Reffye

C’est l’histoire d’une rencontre… la municipalité souhaitait apporter une touche de fraîcheur, de poésie, de couleur au cours des travaux de rénovation du Cours Reffye. C’est donc un jeune artiste Tarbais, Xavier Fischer plus connu sous le nom de Snake, grapheur reconnu internationalement qui a réalisé une fresque géante sur la façade de l’un des immeubles du Cours Reffye. Cette réalisation fait partie de l’Opération Façades.

Snake a également réalisé le mur du Lycée Jean Dupuy, ainsi que la façade du Centre Culture de la Gespe avec la caricature d’Elvis. A voir absolument…

Site Internet : snakegraffiti.com