Les objets du musée de la déportation

À la fin des années 1980, d’anciens déportés et résistants s’attellent à la conception d’un musée dédié à transmettre l’histoire de la Déportation et de la Résistance aux futures générations.

       

31 ans plus tard, le musée joue toujours son rôle de passeur de mémoire et accueille tout au long de l’année des visiteurs de tout âge.

     

 

De nombreux objets datant de la guerre sont exposés au musée de la Résistance et de la Déportation.

Nous vous proposons d'en découvrir quelques uns !

Vélo ayant servi au maquis de Sombrun, Musée de la Déportation et de la Résistance de Tarbes et des Hautes-Pyrénées

      

Véritable symbole de la Résistance intérieure française, la bicyclette est un outil multi-usage : moyen de transport sûr et fiable, elle se fonde facilement dans la population (les Français privilégiant alors largement le vélo à la voiture) et permet de se rendre rapidement aux lieux de rendez-vous, situés parfois dans des endroits où la voiture ne passe pas. Mais l’avantage de la bicyclette est d’offrir aux résistants une cache mobile : les messages peuvent être dissimulés dans les poignées du guidon, le cadre, les roues. Enfin, le vélo permet de transporter des armes, munitions, médicaments, sommes d’argent, afin de ravitailler les maquis et planques de résistants.

Au sein de la Résistance, les cyclistes-messagers sont appelés « agents de liaison ». Ils peuvent effectuer en une journée plusieurs kilomètres afin de relier villes et maquis. De nombreuses femmes résistantes relèvent cette rude mission. Dans les Hautes-Pyrénées, on peut souligner le courage de Georgette Landreau (Bagnères), Annie Bordedebat (Nistos-Esparros) ou bien encore Georgette Lannot dont la zone d’action couvre cinq départements (Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Lot-et-Garonne et Tarn-Garonne).

La bannière du "Groupe Valentin"

Cette bannière exposée au musée de la Déportation et de la Résistance appartenait au « Groupe Valentin », corps franc de la Libération (CFL)… Mais « Valentin », c’était qui ?

L’arsenaliste Auguste Lamousse, chef des CFL des Hautes-Pyrénées, rejoint le mouvement Combat dès novembre 1941. Spécialiste en sabotages, Lamousse prend rapidement pour alias « Valentin » et crée un groupe de résistants. Comme actions notables, relevons ses participations au sabotage de l’usine Hispano-Suiza en avril 1944, aux combats pour la Libération de Tarbes en août 1944, puis du Béarn, des Landes, de la Gironde et des Charentes, au sein de la colonne Soulé.

 Le poste TSF

      

Au cours du second conflit mondial, la radio est une véritable arme de guerre, servant autant la propagande de Vichy que celle de la Résistance extérieure, avec des émissions provenant des chaînes Radio Paris pour l’un ou Radio Londres pour l’autre. L’un des messages radiophoniques les plus connus est sans équivoque l’appel du 18 juin 1940, par le général de Gaulle, diffusé sur la BBC et appelant à la Résistance.

Plus tard, en 1943, la composition d’Anna Marly (musicienne d’origine russe), reprise par Maurice Druon et Joseph Kessel, devient le « Chant des Partisans ». Générique d’une des émissions de la BBC, « Le Chant des Partisans » (sifflé dans un premier temps) sert rapidement de signe de reconnaissance pour les maquisards. Cet enfant de la radio devient alors l’hymne de la Résistance.

L'aquarelle de Raoul Nolibos

L’auteur de cette aquarelle est Raoul Nolibos, tarbais d’adoption. Avec d’autres responsable du Parti communiste, il est arrêté en vertu du décret Daladier de novembre 1939, puis envoyé au camp de Gurs (Pyrénées-Atlantiques) en 1940. Nolibos est interné dans la même baraque que Georges Lassalle et André Chastellain (frère de Paul Chastellain, l’un des maires de Tarbes).

Après Gurs, Raoul « Noly » Nolibos est interné au camp de Nexon. La petite aquarelle de 1941 représente les baraquements de bois et de tôles de ce camp de la Haute-Vienne. Cette production rejoint un ensemble de dessins réalisés par Nolibos entre 1940 et 1941 : paysages de camps, portraits de détenus croqués sur le vif.

 La maquette du Mémorial de la Déportation des Allées Leclerc

Le musée de la Déportation et de la Résistance de Tarbes et des Hautes-Pyrénées possède dans ses collections la maquette du Mémorial de la Déportation (allées Leclerc).

Ce Mémorial est exécuté par le sculpteur Jean-Charles Lallement en 1964. Ce projet fait suite au don d'une urne contenant des cendres des déportés morts dans les camps de concentration nazis. L'Association Départementale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes est à l'origine de cette commande artistique pour conserver la mémoire des morts, et, pour que les jeunes générations n'oublient pas les crimes nazis. L'œuvre monumentale fait face au Monument aux Morts (de la guerre 14-18) de Firmin Michelet.

La maquette conservée au Musée révèle toute la symbolique religieuse et profane qu’utilise Lallement pour représenter ce pan d’histoire de la Seconde Guerre, des répressions nazies à la libération des opprimés.

La cuillère-couteau

Cette cuillère-couteau en bois a rejoint il y a peu la collection du musée de la Déportation et de la Résistance de Tarbes. Elle appartenait à M. Jean Brunet, ancien résistant ayant été emprisonné en Espagne de juillet à novembre 1943.

Une des gravures de la cuillère-couteau indique le camp de concentration espagnol de Miranda de Ebro (Castilla y León), dont une maquette du camp est visible au musée. 

Nous remercions chaleureusement la famille Brunet pour ce généreux don.