Les origines du Musée

Les origines du musée Massey

Le musée Massey, situé dans un jardin « remarquable », est né du rêve de Placide Massey, directeur au XIXe siècle des pépinières du Trianon et du potager du roi à Versailles. Son ancienne demeure élégante, d’inspiration orientale, avec une tour d’observation sur les Pyrénées, offre aujourd’hui au public un musée moderne d’art et d’Histoire.

 

L’histoire du musée et celle de la Société académique sont intimement liées. L’année pivot est l’année 1853.

En 1851, Placide Massey avait dessiné un jardin autour d’une maison et d’un laboratoire, dont il avait confié la construction à Jean-Jacques Latour. Elle devait comporter un jardin d’hiver et une tour pour observer les Pyrénées qu’il avait parcourues pendant sa jeunesse. Or, le 18 novembre 1853, Placide Massey décède sans voir le projet abouti, laissant à la ville l’essentiel de ses biens :

« Je donne à la commune de Tarbes, ma ville natale, tous les immeubles que je possède sur son territoire et consistant en jardin d’ornement, pépinière, maisons, prairies ; le jardin d’ornement pour servir de promenade ; la pépinière pour continuer la culture d’arbres fruitiers ; les maisons et prairies pour employer leurs produits à l’entretien du jardin d’ornement et de la pépinière ».

Peu de temps après, le 5 décembre 1853, Achille Jubinal fonde la Société académique. S’appropriant l’idée de Massey, il souffle à la ville la création d’un musée. « La Société académique doit compléter l’œuvre de Placide Massey, elle se doit de surveiller l’établissement du jardin botanique, demander à la municipalité la translation de la bibliothèque publique dans les bâtiments légués à la ville et provoquer la fondation d’un musée de peintures ». Achille Jubinal prend acte en faisant don d’un tableau pour le futur musée.

La ville accepte le don en 1854 et modifie le projet initial pour en faire un musée. Mais le 3 mai 1858, l’inspecteur des Bâtiments civils refuse le projet : « Plusieurs personnes connaissaient parfaitement la ville de Tarbes et tous ont été affirmatifs sur le peu d’importance des collections qu’il s’agit d’installer dans la villa Massey. Je propose donc d’ajourner les constructions projetées. »

Le Conseil municipal réagit fortement. Opiniâtre et fort de la qualité du projet, il obtient gain de cause. Les travaux reprennent en août 1858 et se terminent en 1862.

La donation Achille Jubinal, 106 tableaux, constitue à partir de 1853 le noyau de la collection de peintures qui est complétée par des objets numismatiques, des moulages et des sculptures. Il s’agit d’œuvres majeures de la peinture italienne des XVIe et XVIIe siècles avec un tableau, Le Christ aux liens de Jacopo Carucci, dit Pontorno (1493-1557), considéré comme le créateur du maniérisme, des peintures hollandaises et flamandes des XVIe et XVIIe siècles et des peintures françaises des XVIIIe et XIXe siècles.

L’action suscite d’autres dons, comme ceux de la famille Fould, du premier conservateur nommé en 1855, Raymond-Marc Lagarrigue et de la Société académique des Hautes-Pyrénées ainsi que des dépôts consentis par l’État.

La collection archéologique était constituée à l’origine d’une centaine d’objets provenant de communes du département.

Le musée ouvre au public en 1864.