Lettres et témoignages de déportés

Récits et témoignages fournis par le Musée de la Déportation de Tarbes

Lettre d’un jeune condamné à mort qui va être fusillé

Maquisard, fusillé à 21 ans, Francis Lagardère à sa famille, prison de Montluc (Rhône), le 23 décembre 1943

« Mes Chers Miens,
Voici ma dernière lettre. Dans quelques instants, je vais communier pour le salut de mon âme. Dans une heure, je serai devant
Dieu et cela m’effraie, j’ai tant pêché.
Pardonnez-moi toute ma méchanceté et tout le mal que je vous ai fait.
Que maman chérie me pardonne cette ultime douleur que je suis en cause. J’ai tant prié pour elle depuis soixante jours.
Si Dieu m’accueille dans son sein pour l’éternité, je veillerai sur vous, mes amours, qui avez été les cuisants regrets de mes journées de prison.
Mes souffrances n’auront pas effacé toutes mes fautes, mais j’ai confiance en Dieu et en sa bonté infinie.
Adieu, Maman que j’ai tant aimée et avec la pensée de qui je vais mourir. Adieu, mon Papa. Adieu bonne Maman avec qui j’ai été si dur parfois. Adieu à vous tous, que je n’aurais pas eu la joie terrestre de revoir.
Dîtes à Daouhe Margalide que, dans mes derniers moments, j’ai bien pensé à elle.
Adieu à tous nos amis, tous ceux que j’ai connus.
Je vous embrasse tous en Dieu.
Adieu. »

Lettre de Paul Mathou à sa famille avant de mourir

« Bien chers parents chéris,
Et petite mère chérie,
Lorsque vous recevrez cette lettre, vous serez bien attristés, mais j’espère que vous supporterez l’épreuve aussi bien que je la supporte. Il y a une demi-heure, j’ai été condamné à mort par la cour martiale allemande. Je m’en serais peut-être sorti mais il y a eu un attentat à Toulouse et je crois que nous sommes pris comme otages. Nous sommes neuf qui devons être exécutés aujourd’hui, à 17 heures. Il y a onze jours que je m’attendais à cela. J’ai été amené de Banios, le 29 mars à 8 heures. Je n’ai pas pu m’échapper car j’ai été blessé à l’épaule. Ils m’ont emmené à Tarbes en camion et j’ai été soigné en arrivant, je n’ai pas souffert. Trois jours après, le 1er avril (ce poisson) ils m’ont emmené à Toulouse et j’ai été mis en cellule. La nourriture n’était pas mauvaise…… Censure. On m’a fait raser, on m’a donné une chemise propre et vers 10 heures, on m’a emmené devant le tribunal. La séance a duré une heure et quarante minutes. On nous a distribué des colis de la Croix-Rouge. Nous avons fait un excellent repas, le dernier, tous les neuf, bons Français et bons camarades. Personne ne s’est plaint. Nous avons tous accepté notre sort avec courage. Nous sommes tous les neuf dans une même pièce. Nous faisons notre courrier. Nous avons touché cinq cigarettes et je vous écris en fumant ma deuxième. Je supporte mon sort avec courage, je suis prêt à affronter la mort. J’ai fait mon examen de conscience, je meurs, en bon Français. Je me suis montré toujours attaché à ma France si belle que j’aime tant.

C’est pour toi, surtout, petite mère adorée, que j’ai de la peine. Cela va te causer un terrible chagrin, toi qui as tellement souffert pour m’élever, qui a voulu faire de moi un homme et pour quel résultat. Mais je souhaite que tu sois aussi courageuse que moi. N’attriste pas les jours à venir, profite pleinement de la vie et je te conseille de reporter toute ton affection sur Yvette. Considère-la comme ta fille, aime-la comme tu m’aimais, elle le mérite et j’espère qu’elle saura t’aimer comme elle m’aimait. Et à toutes les deux, soutenues par papa et mon oncle, vous arriverez à faire votre vie comme auparavant. Ne vivez pas avec le passé, voyez l’avenir et sachez, en toute occasion, vivre la vie et profitez-en pour tous ceux qui n’auront pu le faire. Ne les plaignez pas. Si leur mort est triste, ils seront heureux s’ils meurent en sachant que leur entourage était aussi fort qu’eux.
Pour toi papa, qui a été si bon pour maman et pour moi, je te la laisse. Fais-la vivre heureuse. Tu es homme, tu seras plus courageux, réconforte-la de ton affection, de ton courage. Ne te laisse pas abattre. Songe que tu es, maintenant, tout pour elle et je meurs heureux de savoir que tant que tu seras en vie, elle ne manquera de rien. Je te remercie de tout ce que tu as fait pour nous et ton fils, car tu es mon vrai papa, aura été digne de toi.

Yvette, j’ai à me faire pardonner tout le mal que je t’ai causé. Je t’ai fait beaucoup de peine mais peut-être cela n’a-t-il pas été plus car, ainsi ta peine sera moins amère. À toi aussi je confie Mérotte. Je voudrais que, jusqu’à ton mariage, tu sois pour elle l’enfant qu’elle a perdu et te serai redevable une fois encore. Je t’ai mal connue et je reconnais ma faute depuis que je suis livré à ma solitude, dans ma cellule. Je m’étais promis de t’épouser si je m’en sortais, mais les événements ont tourné bien autrement.

Mon portefeuille et quelques affaires personnelles sont restés à Tarbes, au restaurant Bayonnais, à la police allemande. Essayez de les avoir, ici, je ne possède rien et je ne puis rien vous envoyer.
J’ai la consolation de mourir en uniforme français et en soldat. Le seul regret, à ce sujet-là, est que je n’ai pu avoir ma chéchia. Elle est à Tarbes et je serais content si vous pouviez la faire parvenir.
Je laisse tout ce que j’ai à maman. Qu’elle garde toutes mes affaires, qu’elle donne quelque chose à Yvette si elle le désire et c’est tout.

J’embrasse bien fort toute la famille et amis. Dîtes-leur que mourir est moins dur que l’on ne se l’imagine. On a plus de peine pour ceux que l’on laisse derrière soi que pour soi-même.
Je vous embrasse bien fort, papa et Yvette et oncle Louis et toi, chère maman, je te serre fort sur mon cœur si plein de toi ma dernière pensée sera pour toi. C’est ton visage rayonnant de bonté qui fermera mes yeux. Adieu mère chérie, adieu tous mes amis, un dernier adieu pour maman.
Paul ».

Témoignage de Madame Renée SARRELABOUT, née le 18 mai 1922

Ancienne employée de la mairie d'Angers (Maine et Loire), elle a fait des vrais faux papiers et appartenait au réseau « Honneur de patrie ». Elle a été dénoncée puis transférée à la prison d'Angers et plusieurs fois interrogée. Transférée à Compiègne, elle est ensuite envoyée en Allemagne dans un wagon à bestiaux ; la soif, la faim, l’humiliation des premiers besoins à faire devant tout le monde, etc.

Arrivée au camp de Ravensbrück, elle est descendue de force du wagon par des SS qui hurlaient dans une langue qu’elle ne connaissait pas et des chiens qui aboyaient. Mis en rang par 5, avec des personnes qui n'avaient plus de visage humain, des fantômes qui déambulaient en costume rayé.

La résistance pour aider à la guerre, et là c'était la résistance pour tenir le coup. Il fallait garder sa dignité contre le travail des SS, qui voulaient nous la faire perdre. Nue, sans rien, rasée de la tête au pied, après la désinfection, elle devait supporter un travail dur, ainsi que la brutalité et les coups des SS. Pour elle, le travail était dehors, elle recevait moins de coups que celles qui étaient dans les ateliers et qui recevaient des coups en permanence.
Le travail était très dur : déchargement de péniche, aplanissement des chemins des camps. Vous n'êtes plus qu'un numéro 27721 qu’il fallait apprendre en allemand, et pour les allemands vous n'étiez qu'un "stück", un morceau dont ils se servaient pour travailler dans les usines comme esclave, etc.

Heureusement, il y avait la solidarité entre nous. Nous sommes restés dignes, et plus ils nous écrasaient, plus nous nous disions qu'il fallait tenir. Malheureusement certains ont lâché prise, des êtres qui auraient pu être utiles et tous ces enfants qu'on a empêché d'exister.

C'est aux jeunes de défendre la race humaine, quelle que soit leur religion, leur parti, leur politique, leur différence.
C'est aux jeunes de reprendre les valeurs de solidarité, de compréhension, des valeurs humaines tout simplement. Ces valeurs ont encore besoin d'être défendues. Plus jamais ça !!!
 

Témoignage de Monsieur Miguel AZNAR, né le 6 juillet 1930, décédé le 17 décembre 2011

Début Avril 1938, je suis rentré en France par Aragnouet, je passais dans plusieurs Centres de Réfugiés en France. En août 1938, ma classe a été appelée par la République, je suis reparti en Espagne et je me suis engagé dans l’armée[sc3] . En février 1939, à la fin de la guerre en Catalogne, je suis revenu en France par les Pyrénées Atlantiques et de mars à décembre 1939, j’ai été placé dans des Camps d’internement. J’ai été enrôlé dans le bataillon des Chasseurs Alpins dans les Alpes Maritimes, en décembre 1939. En avril 1940, quand les Allemands ont attaqué avec toute leur armée, c’était la débâcle. Rentré en Suisse, les suisses ne nous ont pas reconnus comme Prisonniers de Guerre. Par la suite, j’ai été transporté vers l’Allemagne en tant que Prisonnier de Guerre (stalag 11 A). À l’arrivée au camp, j’ai eu une grosse impression d’horreur (déshabillage, tonte et enfin douche pour désinfection).

 

J’AI ÉTÉ DÉPORTÉ À MAUTHAUSEN.

J'ai été mobilisé pour la guerre d'Espagne en juillet 1938. Je me suis présenté à Bayonne et suis retourné en Espagne.

Le 13 février 1939 je suis revenu en France par les Pyrénées Orientales, comme beaucoup. Nous pensions revenir en Espagne par Valence en bateau, mais ils ne sont jamais venus nous chercher. Nous avons été placés dans des camps d'accueil, à même le sable (camp Argelès, St Cyprien, Barcarès), pas de baraquements car rien n'avait été prévu. Moi je suis parti du camp d'Agde, St Cyprien et Barcarès ; des centaines et des centaines d'Espagnols se sont engagés dans la légion étrangère et sont partis au Maroc. Après d'autres sont partis en « bataillon de marche » et envoyés là où l'armée en avait besoin. Moi j’ai signé un contrat de chasseur alpin, dans les Alpes, j’ai élargi les routes. Puis je suis parti sur la ligne Maginot avec beaucoup de neige, pour la construction de fortification, blockhaus, tranchées très profondes.

Quand il y a eu l'avance des Allemands, les prisonniers sont partis pendant 3 jours pour arriver à la frontière suisse. Les Espagnols ont été chassés de suisse vers la France. Par petits groupes, ils sont partis vers Lyon qu'ils pensaient en zone libre. Dans un petit village, ils ont été pris par les Allemands et transférés à Bell (frontière suisse) et enfermés dans une chambre noire. Puis transférés à Belfort dans une caserne où en temps normal il y avait 1500 soldats, nous nous étions 13 000 à 14 000!

J’ai été transféré en Allemagne en tant que prisonnier de guerre Stalag 11 pendant 1 an 1/2 car j’étais soi-disant trop jeune. Puis dans des wagons de 80/85 personnes, ils sont partis 3 jours et 3 nuits pour camp de Mauthausen. Les SS et les chiens loups nous ont descendus à coups de matraque nous obligeant à monter une côte sous les coups, les cris résonnent encore dans ma tête (3 km environ de la gare au camp). 

À un endroit nous avons vu un groupe qui travaillait sur la route, habillé en rayé, nous nous demandions qu'est ce qui se passait ici. Puis j'ai entendu quelqu'un m'appeler par mon nom, me disant de vider mes poches car en arrivant là-haut ils nous enlèverons tout, je ne l'avais pas reconnu car il était très maigre, il était parti 8 mois avant moi du même stalag. Personne ne peut s'imaginer comment était l'arrivée au camp !!! On rentrait 5 par 5. En étant toujours déshabillé, puis douche, rasage et désinfection, ils récupéraient tout, l'or, les objets personnels.

On nous disait « vous êtes rentrés par l'entrée et vous sortirez par la cheminée ». Là il fallait donner l'adresse de notre famille car ils nous disaient qu'ils enverraient nos cendres à notre famille. On nous tatouait le numéro et on nous envoyait en quarantaine. Nous étions tous parqués dans le même baraquement où toutes la nuit nous entendions les bruits des fusillés. 20/30 jours de quarantaine et quand ils avaient besoin de main d'œuvre, ils venaient en chercher quelques-uns. La nuit, pour nous martyriser, pour nous enlever toute personnalité, ils nous faisaient lever et faire de la gymnastique pour nous mettre en condition avec 1/2 ration à manger par jour, après on nous affectait dans les blocs, nous n'avions même pas tout le privilège de claquetter avec des semelles en bois. Ils nous faisaient vider les poubelles du camp pieds nus dans la neige. Le matin on allait se laver, il fallait sortir sans la chemise et montrer qu'on s'était lavé, si on ne le faisait pas, on était battu. Lorsqu'on partait pour les commandos (travaux), on était un certain nombre et il fallait revenir au même nombre, donc nous devions ramener nos camarades morts sur nos épaules. Il fallait des heures et des heures pour compter tout le monde. Et quand il y en avait un qui tombait, il fallait le remettre debout au garde-à-vous et les Allemands recommençaient à compter depuis le début.

Miguel AZNAR est décédé le 17 décembre 2011 à Tarbes.

Témoignage d’André BASCAULES – Déporté

Il était en Dordogne dans les chantiers de jeunesse (Pétain). En 1943, originaire du Gers (ouvrier agricole), il ravitaillait le maquis (Armée secrète). Il n’a pas voulu partir au S.T.O., Réseau Castellon. Il a été dénoncé par la milice. Sept camarades ont été arrêtés et emprisonnés à Saint Michel. Toute la France était occupée par les Allemands et des interrogatoires avaient lieu tous les jours. Il travaillait pour le colonel Robert SAHUT – METAYER.

En mars-avril 1944, il est arrêté à Compiègne. Il est placé dans un camp gardé par les Allemands avec des milliers de détenus. Il y est resté un mois. La nourriture y était convenable par rapport à ce qu’il connaîtra dans les camps. Il a tenté de s’évader. Les miradors empêchaient ces évasions. Les colis y étaient interdits mais certaines « personnalités » pouvaient en recevoir (Monseigneur Théas, le directeur de La Dépêche…). Les convois se sont formés ; le « convoi de la mort », il en faisait partie. Les détenus étaient enfermés dans ces wagons à bestiaux par centaines. Une petite lucarne, pas d’air, une barrique d’eau, c’était l’horreur. Le voyage a duré cinq jours. Les décédés ont été entassés dans une partie du wagon. Sur 100 personnes, seulement 24 personnes parviendront au camp.

Camp de DACHAU : Arrivée juillet 44

Içi, ni de prénom ni de nom mais un numéro. Les rescapés du wagon ont été mis de suite au travail. Dachau est à 20 km de Munich. Tous les jours, cette ville était bombardée et tous les jours les détenus du camp étaient emmenés pour nettoyer et remettre en état le terrain d’aviation (ceci a duré un mois et demi). Ils faisaient le trajet en camion. Ensuite il a été envoyé dans un autre commando à la construction des baraquements (il était charpentier).

La nourriture :

Le matin : café (orge), un bout de pain et de la margarine
Le midi : 1 litre de soupe avec de la farine
Le soir : une boule de pain avec de la margarine

À la Libération il ne pesait que 33 kilos. Le travail était dur. Les tentatives d’évasion étaient rares et celui qui était repris avait trente jours de cachot et souvent pendaison devant tout le camp. Les civils extérieurs au camp venaient y assister.

À la Libération, certains disaient qu’ils n’étaient pas au courant de ce qu’il se passait mais ils mentaient. Il est resté un an en camp de concentration et en mai 1945 les Américains sont venus libérer le camp de Dachau. Les 15 derniers jours les Allemands ne brûlaient plus les corps. Il ne restait rien à manger dans le camp et certains détenus attendaient la mort ou la libération. D’ailleurs 15 jours avant, les Allemands avaient fait sauter les cuisines et tout ce qui pouvait servir.

Les troupes de choc ont libéré le camp mais ne se sont pas occupés des détenus, par contre ils ont donné de la nourriture. Après, en centre de rapatriement, les détenus ont été pris en charge par les hôpitaux militaires.
Les parents de Monsieur BASCAULES ne sont pas venus le chercher à la gare. Par contre ils étaient au courant que ce dernier appartenait à la résistance.

Tous les fichiers des camps étaient à peu près à jour. Se remettre à la vie normale a été difficile, il a fallu plus d’un an à Monsieur BASCAULES pour se remettre au travail. Il part dans les Hautes-Pyrénées où il exercera le métier de menuisier – charpentier.

José CORTES commandant du détachement de guérilleros espagnols de la vallée d’Aure, né le 17.10.1918 à EICHO en France, dans une famille paysanne.

En 1936, il travaille dans une entreprise qui réalise l’adduction d’eau des villages de montagne. Il a 18 ans, c’est le début de la guerre en France. Il s’engage. L’armée essaie d’enrayer l’avance des troupes franquistes qui occupent Jaca. Mal armée, elle doit se replier à la frontière française. Sur les conseils du curé du village, sa famille émigre en France. En août 1936, José repasse la frontière et rejoint son régiment de l’armée républicaine espagnole, la 43e division à Barcelone. Il participe à la bataille de l’Ebre et devient officier. Le 9 février 1939, sous la poussée des troupes de Franco aidées des fascistes mussoliniens et des nazis hitlériens, cette division est acculée à la frontière française et avec elle, enfants, femmes, vieillards, blessés sous les bombes de l’aviation fasciste ; c’est la fin de la république espagnole.

José CORTES comme des centaines de milliers de ses compatriotes connaîtra les camps d’internement en France. Sensible aux multiples actes de solidarité de la population de simples gens, mais aussi blessé dans son honneur de soldat, il est affecté sans être consulté en décembre 1939 aux compagnies de travailleurs étrangers et au renforcement des défenses de la ligne Maginot, sous les ordres d’un officier de la coloniale ; ils sont traités comme des esclaves. Au cours d’une inspection d’un officier supérieur, à la vue de la nourriture infecte qui leur est distribuée, ce dernier leur ordonne de refuser de manger.

Puis ce fut l’offensive allemande et l’horreur de Dunkerque. José, avec 8 camarades, réussit à partir en Angleterre. Un officier français les ramènera en France. Démobilisé, il revient à Tarbes et s’engage dans la résistance. Il obtient la nationalité française et le grade de lieutenant.

Récit du combat de la côte de Piétat le 19 août 1944 par Jean Gaston ABADIE ancien de la 7e Compagnie Brigade CERONI du CORPS FRANC POMMIÈS

Depuis le 6 juin 1944, date du Débarquement allié en Normandie, la 7e Compagnie du 1er Bataillon Brigade CERONI du CORPS FRANC POMMIÈS opère dans les secteurs de Trie et Castelnau-Magnoac. Opérations de parachutage, sabotages de voies ferrées, de ligne haute tension et téléphoniques, mais aussi de harcèlement des convois allemands par embuscades sur les routes. Dans le cadre des opérations, notre unité est appelée à tenir, à compter du 18 août 1944, le secteur de la côte de Piétat sur la RN 117. Forte de deux sections, elle comptait 25 hommes armés de fusil mitrailleur Anglais Brand avec 600 cartouches, un mortier de 50 m avec 40 torpilles et pour le reste de la troupe des fusils Canadiens et mitraillettes STEN avec grenades et explosifs.

Nous passons la journée du 19 juin à abattre des arbres dans la montée de la côte et à les piéger avec des grenades. Deux autres compagnies du CFP, Compagnie LAGRANGE et BARBE tiennent les côtes de Mascaras et de Lhez. D’après les renseignements reçus, nous pensons que la garnison allemande de 350 hommes va quitter Tarbes pour rejoindre Toulouse et le gros de l’armée ennemie par la voie la plus directe la RN 117.

À 19 heures, le 19 au soir, une colonne de 40 camions, motos et blindés se présente au bas de la côte. Deux de nos hommes, RAPA et ESCUER, placés en sentinelle à cet endroit lancent une grenade chacun sur les premiers éléments, puis se replient sur notre position. Nous sommes échelonnés derrière la murette qui clôture la Chapelle de Piétat, prenant en enfilade le dernier tronçon de route sur environ 200 m, champ de tir idéal pour le fusil mitrailleur. Le mortier avec ses voltigeurs dont je fais partie est placé à l’Ouest du mur. Nous entendons les Allemands dégager la route avec leurs blindés. Nous en profitons pour tirer au mortier dans les lacets de la côte, n’ayant aucun moyen de réglage. C’est un peu à vue d’œil que nous envoyons quelques torpilles. Quelques instants après, les premiers éléments de la colonne se présentent à l’entrée de la ligne droite avant le sommet. Immédiatement, le fusil mitrailleur entre en action, ainsi que toutes les armes individuelles. Les motos de tête et les premiers camions sont criblés de balles. En hurlant, les occupants qui ont pu échapper au tir, roulent dans les fossés, essayant de nous contourner, mais sans succès, la puissance et la précision de notre tir, les en empêchent. Le combat dure ainsi jusqu’à 22 heures, mais manquant de munitions, nos chefs nous ordonnent de décrocher. Chacun pour soi ou par petits groupes, nous nous évanouissons dans la nuit. Point de repli, notre base de départ Goudon-Cabanac. Les lieutenants VERGNES et NUNES restent, tirant leurs dernières cartouches. 

Le lendemain matin au lever du jour, la colonne ennemie reprend sa progression, ayant passé le reste de la nuit dans la côte, laissant sur le terrain trois camions endommagés, la voiture cabriolet Citroën du chef de la Gestapo, Peter Blindauer, dont coup heureux, une torpille du mortier tombée sur le capot a décapité le Feldwebel qui la conduisait, laissant aussi plusieurs morts et des équipements, armes, ravitaillement, etc… Les chefs et quelques hommes sont revenus sur le terrain. Quant à nous, cachés dans les mains et le long des haies, nous assistons au démarrage de la colonne, qui au bout de 3 km est violemment attaquée par les autres unités du CFP. Notre repli nous conduit dans la Côte de Lhez où nous assistons à la suite des opérations. Lors de notre embuscade, nous avons eu la chance de n’avoir aucune perte.

Dans l’après-midi à la suite des combats de Lhez avec cinq de mes compagnons, nous avons fait prisonniers des Allemands qui, fous de rage, venaient d’incendier trois maisons et brûler au lance-flammes un de nos blessés le chasseur CAMPANINI de la Compagnie SOULES ainsi que deux femmes et deux enfants. Nous en avons fusillé quatre sur le lieu de leur crime. J’ai eu la chance d’abattre un Feldwebel, les autres étaient des SS.

Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers dans ce secteur qui ont été conduits au PC du Commandant CERONI au village de Peyriguère. Au cours de ces combats, le général Allemand MAYR et son adjoint le colonel KUNZ ont été blessés et conduits à l’hôpital de Tarbes.

Au sommet de la côte de Piétat, face à la chapelle, il y a encore une auberge où les tenanciers, témoins involontaires de ces événements tragiques, montrent toujours des objets traversés par les balles sur le chambranle de la cheminée. Eux-mêmes terrorisés, étaient cachés dans la cave.

Témoignage de M. Marcel LACOUME - Pour le 60e anniversaire de la Libération, rappel du sacrifice de ceux qui sont morts ou grièvement blessés au service de la France.

1940 : l’Armistice est signé par les représentants de la France, notre pays passe sous la domination de l’Allemagne. Malgré la débâcle de nos armées, la volonté de ne pas se soumettre et subir les exigences de l’ennemi est déjà dans l’esprit de beaucoup de Français. L’Angleterre veut continuer la guerre. Un officier français qui a réussi à rejoindre le pays depuis la radio de Londres lancera des appels à la continuation du conflit. Cet officier, Charles de Gaulle, demandera à tous les Français qui le pourront de le rejoindre en Angleterre ou de partir en Afrique, et beaucoup le rejoindront et formeront des unités de combat « les Forces françaises libres » (FFL).

Dans notre France occupée en partie, la résistance s’organise. Dans la zone libre, des réseaux s’organisent également en vue d’actions à venir contre l’occupant ou de protections, aides et camouflages de Juifs ou résistants fuyant les sbires de l’ennemi. La résistance prend de l’importance au moment où l’occupant décide d’envahir la zone libre, de dissoudre la petite armée qu’il avait accepté pour assurer le maintien de l’ordre dans cette zone. La décision prise, sous la pression allemande d’obliger certaines classes de jeunes à travailler en Allemagne ou en France pour l’occupant (STO) a pour effet d’alimenter sérieusement les effectifs des maquis. Hélas, l’armement est faible et les seules armes camouflées par l’armée d’armistice n’arrivent pas à équiper tous les volontaires. Ceux qui ne peuvent être armés sont mis en réserve et seront équipés par la suite grâce aux parachutages prévus. L’attente est longue malgré les différentes opérations effectuées contre l’occupant. Beaucoup ne verront pas se lever le jour où sonnera le début des opérations pour la libération de notre pays, car dénoncés, arrêtés, torturés, fusillés, ils auront payé le prix de la Liberté.

Enfin le 06 juin, après le débarquement sur les plages normandes, aussitôt tous les maquis et réseaux de France entrent en action. En ce qui nous concerne dans le Magnoac au sein du Corps franc qui deviendra le corps franc Pommiès du nom de son créateur, toutes ses unités rejoignent leurs chefs et les positions prévues. 

L’organigramme de notre Corps franc pour le Magnoac est le suivant : chef de la demi-brigade : chef CERONI Marcel, chefs des compagnies : SOULES Paul et LAGLEYSE. Le chef SOULES dispose de trois sections, elles ont pour mission, surveillance et harcèlement sur la N 129 Lannemezan, Castelnau-Magnoac, Masseube et Auch (actuellement N 929). Le chef LAGLEYSE dirige la Compagnie territoriale avec le chef FRANK à Castelnau-Magnoac. Cette compagnie est chargée du transport des armes suite aux parachutages, camouflages de véhicules et abattis, etc. Le 06 juin, la Compagnie SOULES occupe symboliquement Castelnau­‑Magnoac. Par la suite, les sections prennent leurs emplacements respectifs. Le 08 juin, la section LABORIE après avoir récupéré ses armes s’installe à 12 km de Castelnau-Magnoac côte de Monlong. À la nuit tombée, se présente un convoi ennemi, le combat s’engage après vingt minutes, l’ennemi rompt le combat emportant ses morts et blessés et laissant sur le terrain deux véhicules endommagés. Dans l’action, le chasseur BROQUERE Louis est blessé, une balle lui ayant traversé la jambe. Le 09 juin, la section du Chef MIEGEVILLE est en poste au Pont de Chelan (près de Castelnau) après distribution des armes, chacun rejoint son poste de combat en bordure de la route nationale 129. Vers 11 h 00, apparaissent deux camions peints aux couleurs bariolées aussitôt les armes entrent en action. L’ennemi réagit malgré ses pertes et récupère ses blessés abandonnant le combat et se replie sur Auch. Côté résistants, DEBAT René est tué, TREY Georges est encore vivant grâce à son chef de section qui abat le tireur allemand qui le menaçait. Les Allemands ont eu 3 tués, notre camarade René fut inhumé de Castelnau-Magnoac ainsi que les 3 Allemands. La section du chef BEGUE a été affectée à Lizos au Sud-Ouest de Castelnau, à la protection de l’hôpital de campagne du Docteur SABATHIER, installé dans la mairie. Ce même jour, le gendarme de la section MIEGEVILLE en patrouille à Castelnau sur la N 129 aperçoit un véhicule léger et un side-car venant dans sa direction, ouvre le feu avec sa mitraillette sur leur passage, le véhicule léger poursuit sa route, le conducteur du side-car est blessé à la jambe, perd le contrôle de son engin, se renverse dans le fossé, son passager, un officier, réussit à s’enfuir. Le conducteur sera fait prisonnier, transporté à l’hôpital de campagne pour recevoir les premiers soins. La gravité de la blessure nécessitera son transport à l’hôpital de Boulogne sur Gesse où il sera amputé.

La vie suivra son cours entre surveillance de routes, destructions de voies ferrées, pylônes à haute tension. Les changements de secteurs sont fréquents afin d’éviter d’être surpris par les troupes ennemies et les miliciens à la solde de celles-ci. Dans le Magnoac malgré ces déplacements continuels, la vie continue, les maquisards n’abandonnent pas leur mission. Le 19 juin, la Section LABORIE tente une embuscade côte de Monlong. Dans la journée un guetteur signale venant de Lannemezan l’arrivée de deux véhicules ennemis ; aussitôt les hommes se préparent au combat et ouvrent le feu sur les deux voitures. La riposte étant immédiate et puissante, ils sont obligés de décrocher et de se replier. Des pertes sans doute dans les rangs ennemis aucune dans la section. Le 21 juin, énervés par toutes ces attaques, les Allemands envoient une forte colonie à trois heures du matin vers la fameuse côte de Monlong. Arrivés à Monlong, en empruntant la route de Galan, ils somment le Maire du village et son adjoint de les accompagner pour une fouille de toutes les maisons à la recherche de résistants. Les Allemands ne trouvent absolument rien. Malheureusement une patrouille arrête à la sortie du village le jeune Camille CAPMARTIN qui était venu passer la nuit chez son employeur, (CAPMARTIN faisait partie de la Section LABORIE). Il sera abattu de trois balles au sommet de la côte de Monlong, après le départ de la colonne allemande, il sera inhumé au cimetière du village. Une stèle rappelant son souvenir a été érigée sur les lieux de sa mort. Cette stèle est fleurie tous les ans au mois d’août par la municipalité en présence des gens du village et des anciens du CFP. 

À 6 h 30, le même jour, une partie de ce détachement se rend à Castelnau-Magnoac où il prend quelques otages et les regroupe sur la grande place. Trois jeunes sont arrêtés, placés devant le monument aux morts et fusillés. Vengeance sans doute après les pertes subies dans le secteur depuis le 06 juin. Il s’agit des chasseurs : SANCHEZ Jean et LEDEVEC Raymond tous les deux agents de liaison du Corps franc et de CASSAGNABERE Maurice étranger à la résistance mais arrêté car il était vêtu d’un pantalon kaki. Les Allemands, conduits par un réfugié de CAUBOUS le nommé BRISSON, incendient les maisons MENDOUSSE – MARTIN - BOUGUES et MENGELLE. Dans la même journée, le chasseur Robert GARAUD se rendant à bicyclette vers le point de contact pour effectuer une mission et circulant sur la route N 129 est abattu sans sommation par une patrouille ennemie camouflée dans le secteur. Notre camarade est inhumé au cimetière de Monléon – une stèle rappelant ce triste jour sera érigée au bord de la route, Monléon-Vieuzos, tout près de chez lui. Au mois d’Août comme pour ses camarades morts en service commandé, la municipalité dépose une gerbe en présence de sa famille, amie et ancienne du corps franc Pommiès. Son chef de groupe prononce quelques mots pour rappeler son souvenir.

Dans le même temps où ces faits se sont déroulés, la maison de notre chef de compagnie, le capitaine SOULES Paul, reçoit la visite d’un groupe d’Allemands qui fouillent la ferme et ses dépendances pensant découvrir des maquisards. Ils ne trouvent rien de compromettant si ce n’est des victuailles et du vin. Après avoir fait ripaille, ils quittent les lieux à bord de leur véhicule. Ils n’iront pas très loin car le chauffeur imbibé d’alcool rate un virage, le véhicule se renverse dans un fossé, total de l’expédition, des blessés et des morts. Les propriétaires ont pu quitter les lieux prévenus par des amis. Le 27 juin, le PC du commandant de la demie brigade CERONI risque d’être encerclé avec ses hommes. Prévenu, il prend des dispositions de repli. Les maquisards quittent leur campement, s’enfoncent dans le bois de Campuzan pour échapper à l’ennemi. Ils ne savent pas qu’ils risquent d’être pris dans la nasse car le commandant allemand a décidé d’encercler tout le bois. Au cours de leur progression dans ce bois très difficile, ils trouvent sur leur chemin le chasseur GORGELIN Guy appartenant aux éléments logistiques de l’état-major du Corps franc qui ne peut quitter les lieux ayant une mission à remplir. L’unité continue sa progression dans le bois et après maintes péripéties réussit à franchir la route D 10 et bénéficiant de nombreuses haies le groupe, à travers champs et malgré les tirs de l’ennemi, peut lui échapper et retraverser la route N 10 près du village de Tournous, près de Galan et trouver refuge dans une ferme isolée où elle peut se reposer, se restaurer grâce à l’amabilité des propriétaires d’une ferme à proximité. 

Le chef CERONI, à la suite de tous ces événements depuis le 06 juin et constatant que l’ennemi est devenu nerveux, décide de déplacer ses unités. Début juillet, les sections sont affectées dans de nouvelles zones d’action, région Villecomtal-Miélan avec mission de harcèlement sur l’axe RN 21 Tarbes-Miélan – Auch. Les sections s’implantent à Betplan, St-Sever-de-Rustang, Osmets et Moumoulous. La section BEGUE de la Compagnie SOULES est répartie par groupe à Chelle Debat-Marseillan-Jacques, avec pour mission la surveillance de l’axe RN 632 Tarbes-Trie S/Baise. Tous les jours, un groupe assure la surveillance de cet axe en prenant position dans les lacets de la côte d’Osmets. Des reconnaissances sont effectuées à moto sur les routes départementales du secteur.

Tout est calme jusqu’au 15 août jour du débarquement des Alliés en Provence. Les compagnies reçoivent l’ordre d’effectuer des barrages sur toutes les routes de leur secteur. Le 19 août, nous apprenons que Tarbes est libérée après de durs combats. La garnison allemande est en fuite et accrochée par tous les résistants. Le 20 août dans l’après-midi, notre chef de Compagnie, le capitaine SOULES reçoit l’ordre de se rendre avec son unité et dans les meilleurs délais à l’Est de Castelnau-Magnoac, entre cette localité et le village de Thermes pour y établir une embuscade et retarder ainsi la progression d’une colonne ennemie ayant échappée aux combats de Lhez. Notre unité arrive avec les éléments qui avaient pu être rassemblés au lieu-dit « la Bouscarre » endroit où se trouve déjà un barrage d’arbres important, les groupes passent la nuit à proximité, à la belle étoile. Le 21 août, voici les faits comme ils se sont passés et racontés par un membre du corps franc Pommiès ayant participé et ayant été assez sérieusement blessé. 

Le matin à 6 h 00, les groupes s’installent sur les positions qui leur ont été désignées :
à l’Est, face au barrage, le groupe avec son mortier servi par le chasseur LIER Henri plus les autres éléments du groupe avec mitraillettes et fusils. Au Sud-Est, la mitrailleuse du groupe RUMEAU Gabriel servie par le chasseur AROUY Charles Au Sud-Ouest, le groupe MILON et son fusil mitrailleur. Au Nord, le groupe grenadiers voltigeurs de LACOUME Marcel. Au Nord-Ouest le fusil mitrailleur de BOYER. À 8 heures la colonne plus importante que prévue est arrêtée par le barrage. Nos groupes entrent en action : mitrailleuses, fusils mitrailleurs, grenades et leur infligent des pertes sévères en tués et blessés. La réaction est très vive et violente. Par manque de munitions, nos formations rompent le combat et se replient. Malgré cette vive réaction de l’ennemi, nous n’enregistrons qu’un seul blessé parmi les grenadiers voltigeurs, le chef de groupe. Il faut dire que leur position n’était guère enviable, tout près de l’ennemi pour bien ajuster les grenades. Le chef de groupe avant le début du combat avait demandé à ses hommes, dès qu’ils auraient épuisé leurs munitions de quitter la zone de combat et que lui-même protègerait leur repli. Le chef de groupe blessé, depuis le début de la réaction de l’ennemi réussit à se replier et rejoindre le point de rassemblement. Il fut ensuite évacué vers l’hôpital de Tarbes. 35 maquisards du CFP de la Compagnie SOULES ont tenu tête à l’ennemi et ont retardé sa progression vers les plages provençales ou normandes. La colonne allemande a été immobilisée une partie de la journée. Furieux d’avoir subi de nouvelles pertes, les allemands brûlent les fermes avoisinantes des familles LOURTIES et NAVARRE. Dans ces circonstances mal définies, cette colonne abandonne la lutte entre Carcassonne et Montpellier. Les unités après un repos bien gagné partiront à la poursuite de nos envahisseurs, se couvriront de gloire et de citation ; elles seront intégrées dans l’armée prestigieuse de DE LATTRE DE TASSIGNY au 49e Régiment d’Infanterie. Les blessés resteront dans les hôpitaux et n’auront pas la chance de suivre les traces de leurs camarades vers la victoire totale.

Tous les hommes et femmes du CFP, quelle que soit leur appartenance à une brigade, demi-brigade, section ou groupe ont combattu pour la France. C’était le CORPS FRANC POMMIÈS. Si j’ai noirci des pages pour raconter l’histoire de Magnoacais courageux, c’est pour montrer aux générations futures avec quel courage, avec quel amour, ils ont voulu récupérer la liberté et redonner à notre Pays la France, même au prix de leur vie, son Honneur et son rang de Grande Nation dans le Monde.

Écrit à la Mémoire de tous les Camarades morts ou blessés de notre corps franc Pommiès. Marcel LACOUME.